La vie professionnelle des femmes ne devient pas plus simple quand elles accèdent à des postes de chefs. - 09/03/09
244 mille femmes vivent au Luxembourg (2008). 55% de ces femmes sont en âge de travailler. 22% des femmes du Luxembourg qui ont un travail, occupent des postes de décisionnaire. Au sein de leur organisation de travail, elles exercent soit un rôle de chef d'entreprise ou de superviseur. Pourtant elles sont bien plus nombreuses à travailler: sur 100 travailleurs, 42 sont des femmes. Cette fraction montre que toujours et encore, les femmes accèdent moins fréquemment que les hommes à des postes qui impliquent de hautes responsabilités. Les femmes luxembourgeoises occupent une place qui est loin derrière la moyenne européenne:dans l'ensemble de l'Europe 7 femmes pour 25 hommes sont preneuses de décision. Au Luxembourg on ne comptera que 5 femmes pour 25 hommes..
On savait déjà que les femmes, dans les cas où elles accèdent à un poste de cadre, le font généralement dans le domaine administratif et lié à la santé. Les femmes qui ont un poste dirigeant dans un domaine technique ou dans la production, restent des exceptions. D'ailleurs seulement 0.8% des luxembourgeois qui choisissent de faire des études en ingénierie, sont des femmes! Précisons que le nombre de femmes qui suivent des études de cycles universitaires supérieurs est en forte augmentation depuis quelques années. Elles y sont plus nombreuses que les hommes.
Voici quelques points-clefs qui caractérisent les différences entres les femmes cadres et les hommes cadres:
- Les femmes cadres ont moins deflexibilité dans leurs horaires et travail: elles ont moins souvent la possibilité d'avoir un emploi à temps partiel. La différence: 25% des femmes cadres, contre 41% des femmes en général.
- Les hommes avec des fonctions de chef sont plus facilement arrivés à ces postes en se basant sur leur ancienneté, et moins sur leurs formations et qualifications. Les femmes avec des reponsabilités d'encadrement ont plus souventdes diplômes de l'enseignement supérieur. Parmi 100 femmes chefs, on en trouvera 10 de plus avec un diplôme universitaire (ou équivalent) que sur un groupe de 100 hommes chefs.
- Les femmes chefs qui ont aujourd'hui 30 ans, gagneraient des salaires plus élevés que les jeunes hommes chefs. 105% de leur salaire moyen! Alors que les femmes qui sont devenues cadres avant cette génération et ont aujourd'hui plus de 30 ans, perdent à peu près 15% du salaire des hommes. Il faut dire que dans ces tranches d'âges, les bas salaires des femmes (comparativement à ceux des hommes) sont plus bas encore si elles sont cadres que si elles ne l'étaient pas.
-Être chef et avoir une famille... Avoir un enfant ou ne pas en avoir: une question cruciale que les femmes devraient se poser. Le taux d'occupation d'un poste d'encadrement tombe de 20% chez les femmes dès qu'elles ont une petite famille. Il n'en est pas pareil pour les hommes qui continuent, malgré le fait d'être père de famille, à avoir des postes de chefs.
- Côté coeur: quel conjoint pour un chef? Les femmes chefs choisissent dans 60% des cas des maris ou des conjoints, qui eux aussi sont chefs dans leur vie professionnelle! Et les hommes? - Plus souvent que les femmes, ils choisissent leurs partenaires dans d'autres classes sociales.
Ces femmes chefs et ces hommes chefs, ont-ils et elles encore des points communs? Hé, oui. Ils aiment plus le sport que les autres catégories professionnelles. Pratiquer une activitié physique régulièrement, faire du bénévolat, créer du temps pour les amis, voilà ce qui unit ces chefs dans leurs priorités extra-professionnelles.
Le CEPS tire ces informations de son programme d'enquêtes portant le nom Psell-3. Cette série d'études consiste à interroger sur des thèmes précis un grand nombre de personnes qui contribuent pendant plusieurs années à ces travaux de recherche. Le CEPS contribue d'ailleurs, avec la collaboration du STATEC, à l'important programme de l'Union Européenne portant sur l'étude des Revenus et des Conditions de Vie.